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Brésil: le coup d´Etat

15/05/2016

Michael Löwy é um brasileiro de ascendência austríac0- francesa, sociólogo da religião e analista político. Foi por muitos anos professor na Sorbonne mas nunca deixou dar sua contribuição ao Brasil com frequentes viagens e cursos dados a distintos grupos, nclusive a grupos de base. Da França nos ofeece esta pertinente análise do golpe parlamentar sofrido contra a presidenta Dilma. É um olhar de fora cuja distância permite ver melhor o interor deste processo ilegítimo. Lboff

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      Appellons un chat un chat.   Ce qui vient de se passer au Brésil, avec la destitution de la présidente élue, Dilma Roussef, est un coup d’état.   Coup d’état pseudo-légal, “constitutionnel”, “institutionnel”, parlementaire, tout ce qu’on voudra a, mas coup d’état tout de même.   Des parlementaires – députés et sénateurs – massivement compromis dans des affaires de corruption (on cite le chiffre de 60%) ont institué une procédure de destitution contre la présidente, sous prétexte de irrégularités comptables, des “pédalages fiscaux” pour combler les déficits dans les comptes publics – une pratique routinière de tous les gouvernement brésiliens antérieurs !   Certes, plusieurs cadres du Parti des Travailleurs sont impliqués dans le scandale de corruption de la Petrobras, la Compagnie Nationale de Pétrole, mais pas Dilma…En fait, les députés de droite qui ont méné la campagne contre la Présidente sont parmi les plus empêtrés dans cette affaire, à commencer par le président du Parlement, Eduardo Cunha (récemment suspendu), accusé de corruption, blanchiment, évasion fiscale au Panama, etc.

La pratique du coup d’état légal semble être la nouvelle stratégie des olygarchies latino-américaines. Mise à l’epreuve au Honduras et au Paraguay – pays que la presse traite souvent de “Républiques bananières” – elle s’est révélé efficace et payante pour éliminer des Présidents (très modérément) de gauche. Maintenant elle vient d’être appliquée à un pays-continent…

On peut faire beaucoup de critiques à Dilma : elle n’a pas tenu ses promesses éléctorales et a fait énormément de concessions aux banquiers, aux industriels, aux latifondistes. La gauche politique et sociale n’a pas manqué, depuis une année, d’exiger un changement de politique économique et sociale. Mais l’olygarchie de droit divin du Brésil – l’élite capitaliste financière, industrielle et agricole –   ne se contente plus de concessions : elle veut la totalité du pouvoir. Elle ne veut plus négocier, mais gouverner directement, par ses hommes de confiance, et abolir les quelques acquis sociaux des dernières années.

Citant Hegel, Marx écrivait, dans le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, que les événéments historiques se repètent deux fois : la première comme tragédie, et la deuxième comme farse.   Cela s’applique parfaitement au Brésil. La coup d’état militaire d’avril 1964 était une tragédie, qui a plongé le Brésil dans vingt années de dictature militaire, au prix de centaines de morts et miliers de torturés.   Le coup d’état parlementaire de mai 2016 est une farse, une affaire tragi-comique, où l’on voit une clique de parlementaires réactionnaires et notoirement corrompus, renverser une Présidente démocratiquemet élue par 54 millions de brésiliens, au nom d’ “irrégularités comptables”. La principale composante de cette alliance de partis de droite est le bloc parlementaire (non partisan) connu comme “les trois B” : “Balle” – députés liés à la Police Militaire, aux Escadrons de la mort et autres milices privées – “Boeuf” – les grands propriétaires fonciers éléveurs de bétail – et “Bible : les néo-pentecostaux intégristes, homophobes et mysogines.     Parmi les partisans les plus enthousiastes de la destitution de Dilma se distingue le député Jairo Bolsonaro,  qui a dédié son vote aux officiers de la dictature militaire et nomémment au Colonel Ustra,  tortionnaire notoire.  Parmi les victimes de Ustra,  Dilma Roussef,  à l’époque (début des années 1970) militante d’un groupe de résistance armée;  mais aussi mon ami Luis Eduardo Merlino,  journaliste et révolutionnaire,  mort en 1971 sous la  torture,  à l’âge de 21 ans.

Le nouveau Président Michel Temer, intronisé par ses acolytes, est lui-même impliqué dans plusieurs affaires, mais n’a pas encore fait l’objet d’une mise en examen. Lors d’un sondage récent, on a démandé aux Brésiliens s’ils voteraient pour Temer en tant que Président de la République : 2% on répondu favorablement…

En 1964 on a eu droit à des grandes manifestations “Avec Dieu, et la Famille pour la Liberté”, qui ont préparé le terrain pour coup contre le président Joâo Goulart; cette fois-ci à nouveau des foules “patriotiques” – chauffées à blanc par la presse aux ordres – se sont mobilisées pour exiger la destitution de Dilma, en allant, dans certains cas, jusqu’à démander un retour des militaires…Composées essentiellement de personnes de couleur blanche (la majorité des brésiliens est noire ou métisse) issues des classes moyennes,   ces foules ont été convaincues par les médias que l’enjeu de cette affaire c’est “le combat à la corruption”.

Ce que la tragédie de 1964 et la farse de 2016 ont en commun, c’est la haine de la démocratie. Les deux épisodes revèlent le profond mépris des classes dominantes brésiliennes pour la démocratie et la volonté populaire.

Le coup d’état “légal” va-t-il se passer sans trop d’encombres, comme au Honduras e au Paraguay ? Ce n’est pas si sûr…Les classes populaires, les mouvements sociaux, la jeunesse rebelle n’ont pas dit leur dernier mot.

 

Michael Löwy, publicado neste domingo,15 de maio, em Paris no jornal Mediapart

 

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  1. Daniel Leburgue permalink
    22/05/2016 8:18

    sou francés e conhece bem o Brasil onde eu mora tres ou quatro meses per ano; concordei perfeitamente com Michael Lowe.

    Malheureusement, le peuple Brésilien qui refuse la domination politique des 3B devrait aussi reconnaître que le PT, Dilma et Lula ont hélas décrédibilisé la gauche. Leur politique populiste, certes, a permis aux plus pauvres de sortir de la misère, mais cette politique a aussi fait trop de compromis avec les puissances d’argent: elle n’a pas mis fin à la domination des banques,et des grands fazendeiros, et elle n’a pas changé structurellement le Brésil, comme il en avait besoin.
    Politique d’éducation, des transports, de la santé publique, politique énergétique n’ont pas changé structurellement, et ont satisfait plus les lobbies des puissants que l’intérêt du pays tout entier : or cela aurait été possible de le faire avant la crise économique qui s’est déclenchée à partir de 2008/2009, grâce à la popularité de Lula et Dilma à cette époque et grâce aux possibilités financières de l’époque.

    Au lieu de cela, le PT a comme tous les autres partis participé à la corruption des politiques et des classes dirigeantes en se servant et en arrosant toutes les parti. Pire , alors que c’est le gouvernent de Dilma qui a libéré la justice et la police leur permettant de débusquer les affaires de corruption, cette liberté vraiment démocratique s’est retournée contre lui: une grande partie du pays considère aujourd’hui le PT comme le parti le plus corrompu du Brésil, alors que tous le sont et que cela a malheureusement toujours existé, mais que cela n’est seulement plus transparent aujourd’hui, et cela grâce à Dilma….
    Pire encore le populisme du PT a voulu flatter la “religion populaire du futebol” en organisant la coupe du monde la plus coûteuse -et déficitaire- de l’histoire , et en récidivant avec les JO qui coûtent eux aussi une fortune et qui seront aussi déficitaires… et cela au détriment du peuple.
    Toute cela participe du viel adage des empereurs romains “panem et circenses” retraduit de façon certes un peu caricaturale au Brésil par “bolsa familia” et “Copa e jogos olimpicos”.

    Ces fautes impardonnables risquent d’avoir éloigné pour longtemps de la gauche une partie importante des classes moyennes voire des intellectuels, d’autant plus que la presse de la droite conservatrice dominée par O Globo, Veja, etc.. et les télévisions évangéliques font un lavage de cerveaux continuel de la population brésilienne. La presse progressiste au Brésil n’existe pas ou est confidentielle ….

    Comment le Brésil peut-il sortir de cette situation ? J’ai bien peur que la situation soit encore plus grave qu’il n’y paraît , car la population brésilienne de haut en bas de la société fait face à une grave crise d’éthique jusque dans la population elle même prête à tricher sur presque tout …. La constitution brésilienne faite à l’issu de la dictature est trop compliquée et est inadaptée à la situation actuelle. L’organisation d’élections en 2018 ( sauf événements changeant le cours des choses) sans changement de constitution et sans réforme profonde du mode électoral et du renouvellement du personnel politique ne changeront pas fondamentalement la gangrène des élites politico-économiques du Brésil.

    Le Brésil a besoin d’une révolution comme celle des “oeillets” en 1974 au Portugal:Pour l’abolition d’un sytème pourri qui a le masque de la démocratie mais qui consacre en fait le triomphe d’une classe corrompue de nantis.

    Daniel Leburgue

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